Rue Sainte-Anne et Village patrimonial

 

Rue Sainte-Anne

Au-delà de ses charmes historiques et touristiques, l’éventail des services offerts à Sainte-Anne-de-Bellevue permet aux gens de vivre des expériences gastronomiques, de magasinage et de mieux-être leur permettant de profiter à la fois de la nature, la culture locale et de la joie de vivre.

Par le développement et la promotion de la vie commerçante de la Rue Sainte-Anne, nous nous démarquons en visant le développement durable et encourageant les gens à ralentir, apprécier la vie et reprendre contact avec eux-mêmes et leur environnement.

Notre association souhaite que la Rue Sainte-Anne devienne un carrefour de vie reconnu pour son cachet, son ambiance chaleureuse ainsi que pour la diversité et la qualité de ses boutiques et commerces.

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Village patrimonial

En bordure du lac des Deux Montagnes, à deux pas du canal de Sainte-Anne, se dresse le secteur du noyau villageois de Sainte-Anne-de-Bellevue. On remarque un ensemble institutionnel très intéressant formé de l’église Sainte-Anne, de son presbytère, de l’ancien couvent de Sainte-Anne et d’un espace vert faisant face au canal. Aux rues Sainte-Anne et de l’Église qui structurent le secteur, se greffent quelques rues résidentielles dotées d’une architecture villageoise représentative de la fin du 19e et du début du 20e siècles.

Le village s’est développé comme lieu de transit en lien étroit avec l’eau. D’abord site de portage en raison de la présence de rapides, puis endroit stratégique dans le commerce des fourrures, il connaîtra un essor rapide sous l’influence du canal de Sainte-Anne et des voies ferrées. En raison aussi de sa localisation en bordure du lac Saint-Louis, Sainte-Anne-de-Bellevue devient une destination de villégiature à la mode. Hôtels et commerces bordent alors le chemin Sainte-Anne, qui est la route ancienne longeant le plan d’eau. Les principaux éléments du village, tels que l’église paroissiale, le couvent, l’hôtel de ville et les maisons, sont concentrés le long du chemin, près du canal. Le secteur conserve aujourd’hui les allures d’un village de villégiature et offre un contact privilégié avec l’eau.

Important lieu de transit

Les sulpiciens, seigneurs de l’île de Montréal, concèdent les premières terres de l’ouest de l’île au cours de la décennie 1670. Cinq fiefs sont accordés à des militaires et à des nobles afin d’assurer la défense du territoire et son développement. La paroisse de Saint-Louis-du-Bout-de-l’Île, dont le territoire couvre toute la pointe ouest de l’île, est constituée en 1677, soit quelques années avant l’érection d’une chapelle à la baie d’Urfé. À l’époque, l’emplacement de l’actuel village de Sainte-Anne-de-Bellevue est surtout un lieu de transit. Les rapides en font un point d’arrêt obligé pour le portage. Un premier canal de contournement est construit par les sulpiciens pendant le Régime français. On en sait bien peu sur ce canal, illustré sur une carte de 1831. Étant donné sa situation géographique au carrefour des lacs Saint-Louis et des Deux-Montagnes, à l’entrée de la rivière des Outaouais, ce site devient dès la fin du 17e siècle un important poste de traite des fourrures avec les Amérindiens. Durant cette époque, quelques terres sont octroyées à des colons afin d’être défrichées et cultivées, mais le territoire demeure peu occupé jusqu’à la fin du 17e siècle du fait de la menace d’attaques iroquoises.

Vers 1711, l’ancienne chapelle paroissiale à la baie d’Urfé est remplacée par une nouvelle, plus à l’ouest, tout près de l’emplacement de l’actuelle église de Sainte-Anne-de-Bellevue. En 1714, la paroisse prend l’appellation de Sainte-Anne-du-Bout-de-l’Île. Le territoire est alors divisé en terres étroites et profondes ayant front sur le lac Saint-Louis et un premier chemin est ouvert le long des berges. Plus tard, cette section dans la paroisse de Sainte-Anne-du-Bout-de-l’Île est renommée chemin Sainte-Anne. La plupart des terres sont concédées au début du 18e siècle, mais c’est surtout au début du 19e siècle qu’elles sont occupées par des familles de colons. Le commerce des fourrures continue d’avoir une place prépondérante dans les activités du secteur. Simon Fraser, marchand de fourrures bien établi, possède une maison sur le chemin Sainte-Anne. Avec un moulin à moudre le blé et un moulin à carder la laine, le village grandit tranquillement comme pôle de services pour les campagnes environnantes. La municipalité de Sainte-Anne-du-Bout-de-l’Île est créée en 1845, puis constituée en ville en 1895 sous le nom de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Écluse de Sainte-Anne-de-Bellevue

Le canal de Sainte-Anne et la croissance du village

L’importance du commerce du bois et son transport par voie fluviale depuis l’Outaouais jusqu’au port de Québec amène la construction du canal de Sainte-Anne, en 1843. Situé à un endroit stratégique à l’échelle continentale, le canal s’impose comme porte d’entrée de la région des Grands Lacs. Il permet de franchir le dénivelé d’un mètre entre le lac des Deux-Montagnes et le lac Saint-Louis, qui crée les rapides de Sainte-Anne. Le canal a un impact décisif sur le développement commercial et touristique du territoire, qui prend un véritable essor à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Des dizaines de milliers de passagers, dont des vacanciers, transitent par le canal à bord de navires à vapeur. L’installation du canal marque un point tournant dans le développement du village. L’église en pierre actuelle est bâtie en 1859 face au canal, remplaçant la petite chapelle.

Les terres agricoles sont loties et le noyau villageois prend de l’expansion au pied du canal. Des maisons en bois apparaissent le long du chemin Sainte-Anne, l’artère principale, ou sur les nouvelles rues tracées pour l’occasion. En 1854, la construction par le Grand Tronc de la ligne ferroviaire Montréal-Toronto, qui traverse Sainte-Anne-de-Bellevue, contribue elle aussi au développement du village. Le pont ferroviaire recouvert de bois, le tout premier de l’île de Montréal, passe au-dessus du canal. En 1887, le Canadien Pacifique aménage un autre pont ferroviaire juste à côté de celui du Grand Tronc.

Peu de temps après l’ouverture du canal de Sainte-Anne, sa profondeur est jugée insuffisante. Des travaux sont entrepris pour le moderniser. La digue Becker, terminée en 1877, facilite le passage des grands bateaux, tandis que les travaux entourant la nouvelle écluse, plus large et parallèle à la première, finissent en 1882. La première écluse est peu à peu abandonnée et finalement remblayée en 1964.

Hôtel Clarendon

L’arrivée de la villégiature

Avec le train, Sainte-Anne-de-Bellevue devient un relais crucial pour le transport des passagers sur la route menant de Montréal à Ottawa et Toronto. Les voies ferrées facilitant aussi l’accès au territoire, le village figure à la fin du 19e siècle parmi les lieux de villégiature les plus populaires de l’ouest de l’île. Cette nouvelle vocation entraîne la construction d’hôtels, dont l’hôtel Clarendon et l’hôtel Hudson Bay House, de débits de boissons et d’autres commerces, par exemple le magasin D'aoust, en bordure du chemin Sainte-Anne. Plusieurs quais sont aménagés sur le lac Saint-Louis, à l’est du canal. Des traverses, en service jusqu’à l’ouverture du pont Galipeault en 1925, permettent de visiter l’île Perrot. À l’aube du 20e siècle, Sainte-Anne-de-Bellevue est une station estivale prisée et seulement quelques maisons sont habitées toute l’année.

Campus Macdonald Bâtiment principal

Le campus Macdonald et la Garden City Press

Au début du 20e siècle, Sir William Macdonald fait don à l’Université McGill de plusieurs terrains qu’il possède à l’est du noyau villageois de Sainte-Anne-de-Bellevue afin d’y implanter une école d’agriculture. Le pavillon principal, érigé entre 1905 et 1909, est suivi de plusieurs autres bâtiments, dont des résidences pour les étudiants et pour les employés — ainsi se déploie un vaste campus universitaire. L’arrivée de cette institution donne une impulsion au lotissement des derniers terrains agricoles et à la construction de résidences dans ce secteur. Depuis la fin des années 1970, le cégep John-Abbott occupe plusieurs bâtiments du campus.

En 1919, l’imprimerie de James John Harpell s’établit à Sainte-Anne-de-Bellevue, tout juste au nord-ouest du noyau villageois. Harpell développe autour de son usine un complexe inspiré des cités-jardins britanniques, aménagé par l’architecte-paysagiste Frederick Todd et composé de résidences pour ses employés, de jardins, de parcs, de potagers et d’un vaste étang. Visionnaire, Harpell souhaite aussi former et instruire ses employés en leur offrant des cours de soir. Il constitue également son imprimerie en coopérative.

Le développement du transport ferroviaire amorcé durant la seconde moitié du 19e siècle supplante la navigation comme moyen de transport et amène le changement de vocation du canal de Sainte-Anne. Devenu Lieu historique national du Canada en 1972, le canal sert aujourd’hui essentiellement à la navigation de plaisance. Avec la promenade urbaine inaugurée en 1987 en bordure de l’eau, ses nombreux commerces et son cadre pittoresque, Sainte-Anne-de-Bellevue est maintenant une destination fréquentée par les plaisanciers.

Documents électroniques et sites Web

HÉRITAGE MONTRÉAL. Montréal en quartier. Quartier Vieux Sainte-Anne-de-Bellevue [En ligne].

MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS. Répertoire du patrimoine culturel du Québec[En ligne].

PARCS CANADA. Lieu historique national du Canada du Canal-de-Sainte-Anne-de-Bellevue [En ligne].

SOCIÉTÉ DU PATRIMOINE DE L’OUEST DE L’ÎLE. Circuit patrimonial à vélo [En ligne].

VILLE DE MONTRÉAL, SERVICE DE LA MISE EN VALEUR DU TERRITOIRE ET DU PATRIMOINE. Évaluation du patrimoine urbain. Arrondissement de l’Île-Bizard—Sainte-Geneviève—Sainte-Anne-de-Bellevue. Montréal, Ville de Montréal, 2005, 55 p. [En ligne].

VILLE DE MONTRÉAL, SERVICE DE LA MISE EN VALEUR DU TERRITOIRE ET DU PATRIMOINE. Grand répertoire du patrimoine bâti [En ligne].