Apiculture urbaine

 

Ça bourdonne à Sainte-Anne-de-Bellevue

En installant une première ruche sur le toit du Centre Harpell en 2017, Sainte-Anne-de-Bellevue posait un geste concret en matière de développement durable.

L’apiculture urbaine contribue à accroître la production locale de miel, la pollinisation et le verdissement en milieu urbain. Elle a pour mission de protéger les abeilles – qui connaissent un déclin important partout dans le monde –, tout en sensibilisant la population à leur caractère indispensable pour l’environnement.

En effet, l’abeille est un insecte pollinisateur qui exerce un rôle majeur dans la production de fruits, légumes et noix: le tiers de notre alimentation repose sur leur pollinisation !

En 2019, nous avons ajouté une deuxième ruche au même endroit agin d'augmenter d'autant plus la participation de la Ville dans l'assainissement de l'écosystème et de la chaîne alimentaire de la région.

Pour voir l'évolution de nos ruches et pour une panoplie d'information sur les abeilles et leur apport indispensable à notre environnement, visitez notre page!

 

©Ryan Young

 

Alvéole

L’installation des ruches et la production du miel à Sainte-Anne-de-Bellevue se fait en collaboration avec Alvéole, une entreprise sociale fondée en 2012 à Montréal, spécialisée en apiculture urbaine.

Leur objectif? Changer, une ruche à la fois, le paysage urbain des métropoles canadiennes.

 

Calendrier de la saison apicole

Le rôle principal de l’apiculteur ou de l’apicultrice est de s’assurer du bien-être de sa colonie. Ainsi, les inspections et les manipulations se multiplient rapidement au cours d’une saison apicole. Pour travailler efficacement et bien prévoir ses interventions, rien de mieux qu’un aide-mémoire rappelant les étapes clés d’une bonne saison apicole.

L'équipe d'Alvéole vient préparer les ruches chaque printemps, en avril. Après l’hiver, c’est l’heure de déballer la ruche pour s’assurer que la colonie a bien passé l’hiver et qu’elle a assez d’espace pour croître. Ils s'assurent également de vérifier que les composantes de la ruche sont en bon état et que les abeilles ont assez de ressources jusqu’aux premières floraisons.

L'équipe nous visite régulièrement pendant la saison active des abeilles pour assurer les différentes étapes essentielles à l'apiculture : 

Dès les premières floraisons, il faut diviser la ruche pour rééquilibrer la quantité de ressources et de couvain. Cette étape essentielle permet de prévenir un phénomène à éviter en milieu urbain: l’essaimage.

Il est essentiel de trouver un lieu approprié pour une colonie, en tenant compte du lieu géographique, de l’achalandage, du soleil, du vent et de l’accès à l’eau. Il faut installer les abeilles au lieu idéal et leur donner le temps de découvrir leur nouvel environnement.

La colonie grandit rapidement à ce moment-ci de l’année. Il est donc essentiel d’inspecter la ruche en profondeur pour s’assurer que la reine a assez de place pour pondre, qu’il y a bel équilibre dans les ressources et que la colonie n’a pas l’intention d’essaimer.

La prévention de l’essaimage est une étape cruciale en apiculture urbaine. Il faut s’assurer que la colonie n’a pas produit de cellules royales. Si c’est le cas, il faut agir vite et utiliser une méthode avancée de gestion de l’essaimage pour freiner cette volonté.

L’ajout de la grille à reine est une étape importante en prévision de la récolte de miel. De quatre à huit semaines avant la récolte, il faut trouver la reine parmi les deux hausses à couvain et la séquestrer dans la hausse du bas, en plaçant la grille à reine entre les deux étages. Il est aussi essentiel de savoir comment installer le chasse-abeilles en temps et lieux, soit 7 jours avant la récolte!

La colonie grandit rapidement à ce moment-ci de l’année. Il est donc essentiel d’inspecter la ruche en profondeur pour s’assurer que la reine a assez de place pour pondre, qu’il y a bel équilibre dans les ressources et que la colonie n’a pas l’intention d’essaimer.

La récolte du miel comporte plusieurs étapes: la récupération des cadres mûrs, le brossage des abeilles retardataires et le transport des cadres de miel vers l’extraction. En plus, il faut ramener la ruche à une seule hausse en préparation pour l’hiver et traiter la colonie contre le varroa sans plus tarder. Le traitement de la colonie est inclut dans cette visite.

Une fois la récolte des hausses et des cadres de miel terminée, l’heure est venue d’extraire le précieux nectar emmagasiné dans les alvéoles. Le processus est simple, mais requiert tout de même quelques éléments de matériel spécialisé: bac et fourchettes à désoperculer, extracteur à centrifuge, filtres, chaudières de maturation et pots. Vous pouvez le faire chez vous sans problème, mais réservez cette visite si vous préférez laisser notre équipe s’occuper du processus d’extraction dans notre miellerie certifiée.

Le nourrissage de la colonie est essentiel: sans nourrissage, les abeilles n’ont tout simplement pas assez de ressources pour passer l’hiver. Par ailleurs, il est important de nourrir les abeilles avec du sirop de sucre, beaucoup plus digeste. Ce sirop est inclut dans cette visite. C’est aussi le moment de mettre en place le réducteur d’entrée et le tiroir sous la base de la ruche.

Au moment où les températures baissent sous 10 degrés Celsius, la ruche doit être protégée du froid et des grands vents à l’aide d’un matériel isolant et d’un couvercle en styromousse.

 

Du miel et plus!

Une ruche produit environ de 10 à 15 kilos de miel annuellement! 

Le miel de nos ruches est récolté au mois de septembre et nous reviens plus tard dans de jolis pots à l'effigie de la Ville. 

En plus du miel, nos ruches produisent trois autres produits, conçus à la main, avec amour et respect pour la santé des abeilles :

  • Baume à lèvres (cire d'abeille et huile de tournesol bio)
  • Savon (chèvrefeuille, tilleul et miel)
  • Chandelle de cire d'abeille

 

Quelques faits...

Piqûres

  • L’abeille à miel est très peu intéressée par les humains. Sa quête quotidienne: rapporter du nectar, du pollen, de la résine ou de l’eau à sa colonie pour assurer son développement.
  • Les abeilles ne piquent que lorsqu’elles sentent que leur colonie est menacée. Ce n’est pas étonnant: contrairement aux guêpes, les abeilles meurent rapidement lorsqu’elles piquent, puisqu’elles y laissent leur dard et une partie de leur abdomen.
  • À moins que l’on fasse preuve d’agressivité à son endroit (ou à l’endroit de sa colonie), l’abeille n’a aucune raison de piquer.
  • Chez Alvéole, nous travaillons avec une variété italienne d’abeilles spécialement sélectionnée pour son tempéramentpaisible.Nousavons installédes ruchesdansdescentainesd’entreprises,d’écolesetde ­domiciles depuis des années et nous n’avons jamais eu d’enjeux majeurs reliés aux piqûres d’abeilles. ­Évidemment, la
    possibilité d’une piqûre ne peut jamais être entièrement écartée, mais les chances ­demeurent très faibles.
  • Les abeilles italiennes sont particulièrement douces et parfaites pour peupler un rucher en milieu densément peuplé. C’est aussi pourquoi les apiculteurs urbains portent peu de protection.
  • Plusieurs personnes racontent avoir subi une piqûre d’abeille, mais jurent ne pas avoir vu de dard dans leur peau. Il s’agissait probablement d’une piqûre de guêpe, puisque ces dernières ont un dard bien lisse qui peut entrer et sortir de leur abdomen à leur guise.

Ruche

  • Au sommet de l’été, une ruche peut contenir jusqu’à 50 000 abeilles.
  • Environ 90% des abeilles dans la ruche sont des femelles (les ouvrières), alors que 10% des abeilles sont en fait des mâles (les faux bourdons).
  • Les alvéoles sont littéralement au cœur de la ruche. Ces petites cellules hexagonales sont construites exclusivement en cire. Elles servent à entreposer l’ensemble des éléments essentiels à la colonie et à son développement: les ressources (nectar, miel et pollen) et le couvain (oeufs, larves et couvain).

Membres de la ruche

  • Chaque ruche ne compte qu’une seule reine. Sa Majesté peut vivre jusqu’à cinq ans dans les meilleures conditions. Elle doit compter sur le soutien d’une cour d’ouvrières pour l’aider à se nourrir, d’hydrater et se nettoyer, trop occupée à pondre jusqu’à 2000 oeufs par jour.
  • Les mâles de la ruche, les faux bourdons, n’ont pas de dard; ils ont plutôt un système reproducteur. Au lieu de butiner en quête de ressources, les faux bourdons demeurent dans l’attente d’une reine vierge à féconder d’une ruche voisine.
  • Dans la ruche, l’ouvrière occupe plusieurs rôles au cours de sa courte vie, qui dure, en moyenne, de 30 à 45 jours seulement: nourrice, nettoyeuse, ventileuse, gardienne, cirière et butineuse.

Hiver

  • Pendant l’hiver, les abeilles restent bien au chaud dans leur ruche, où elles maintiennent une ­température interne de 35 degrés Celsius! Pour ce faire, elles forment une grappe serrée autour de leur reine et se gardent au chaud en contractant leurs muscles.
  • Après l’hiver, un peu comme des plantes vivaces, les ruches fortes doivent être divisées en plusieurs petites ruches. L’objectif: rééquilibrer la force des ruches et la grosseur de leur population.

Cohabitation en milieu urbain

  • Les abeilles butinent toujours en quête exclusive de nectar et de pollen, contrairement aux guêpes, ces insectes omnivores qui nourrissent leurs petits avec de la protéine animale.
  • Il est simple, facile et naturel de cohabiter avec les abeilles en ville. Après tout, les abeilles à miel ne sont que l’une des nombreuses espèces de pollinisateurs avec lesquels nous partageons l’espace urbain (par exemple les papillons, les bourdons et les abeilles sauvages).
  • Les villes sont des oasis pour les pollinisateurs en raison de l’absence de pesticides, de l’abondance de ressources florales, du climat tempéré qui y règne et de la disponibilité de sources d’eau.

Faits intéressants

  • Les ouvrières dédient leur vie au service de leur colonie et ne la quitteront jamais pour une autre.
  • Les abeilles perçoivent très bien les couleurs, surtout le bleu, le mauve et le violet.
  • Plus les ouvrières gagnent en maturité, plus elles ont des responsabilités. Elles occupent tous les rôles, tour à tour, au sein de leur colonie.
  • Chaque abeille vit de 3 à 6 semaines en été et de 3 à 6 mois en hiver.
  • Les abeilles communiquent entre elles grâce aux phéromones, qui sont en quelque sorte des odeurs provoquant chez elles des comportements spécifiques.
  • On estime que les abeilles doivent consommer 8 kilos de miel pour produire un seul kilo de cire.

Composition

  • Les abeilles se nourrissent du nectar des fleurs et plantes qui se trouvent dans un rayon de 5 km de leur ruche. Elles y ajoutent des enzymes et résuident le taux d’humidité du nectar, avant de le stocker le tout dans des alvéoles scellées.
  • Chaque miel est en quelque sorte le reflet de l’écosystème qui l’entoure, un kaléidoscope de saveurs issues des fleurs visitées par les abeilles.

Cristallisation et conservation

  • Tous les miels artisanaux et non pasteurisés finissent par cristalliser. La cristallisation est un processus normal, naturel et inévitable - et non un signe de la détérioration du produit.
  • Un miel cristallisé conserve sa saveur et toutes ses propriétés (enzymes, protéines et vitamines), mais il change simplement de texture.
  • Le miel se conserve indéfiniment, à température pièce, vu sa teneur élevée en sucre.

Faits intéressants

  • Les abeilles parcourent l’équivalent de quatre fois le tour de la terre pour produire chaque kilo de miel.
  • Les abeilles visitent jusqu’à 4 500 000 fleurs pour produire chaque kilo de miel.
  • Chaque abeille produira environ 1/8 de cuillère à thé de miel au cours de sa vie.

Bénéfices

  • L’installation d’un rucher en ville a le potentiel de contribuer à l’éducation à l’environnement des ­citadins, en plus d’avoir un impact positif sur l’environnement et l’écosystème environnants.
  • Les bénéfices de l’apiculture urbaine sont nombreux : la pratique rassemble les citadins autour d’un ­projet permettant la valorisation d’un espace inutilisé, permettant de mettre en lumière une foule d’enjeux reliés à l’environnement, l’agriculture industrielle, la pollinisation et le verdissement, tout en produisant une denrée alimentaire locale.

Origine

  • Avant d’être récupérée par les citadins, l’apiculture était une pratique agricole axée sur la production de miel, avec ses impératifs économiques. Aujourd’hui, l’apiculture urbaine répond à de plus en plus d’objectifs qui dépassent largement cette idée de productivité et permet de sensibiliser les citadins à la production alimentaire et aux enjeux reliés à l’agriculture conventionnelle.
  • Certaines initiatives pionnières ont permis à l’apiculture urbaine d’émerger. C’est le cas du rucher de l’Opéra de Paris, installé en 1982. Toutefois, un rucher-école existe au jardin du Luxembourg depuis 1856.

Abeilles à miel

  • En raison de leur nombre, les abeilles à miel sont d’excellentes pollinisatrices. Plusieurs types de ­production agricole dépendent entièrement des apiculteurs pour se déplacer avec leurs ruches afin de polliniser leurs cultures, par exemple les bleuetières et les vergers conventionnels.

Abeilles sauvages

  • L’abeille utilisée en apiculture n’est pas indigène au territoire nord-américain. Toutefois, des centaines d’espèces ont évolué ici, dans nos écosystèmes, parallèlement à notre flore indigène: les abeilles ­solitaires, sauvages et sociales, comme les abeilles des genres Megachile, Osmia, Halictus et Andrena, ainsi que certains types de bourdons.

Déclin des pollinisateurs

  • Les populations d’abeilles, de papillons, de bourdons et autres pollinisateurs connaissent un déclin important partout au monde. Tout comme les abeilles à miel, ces insectes font face aux menaces causées par l’agriculture industrielle (comme l’utilisation de pesticides et la perte d’habitat) et les changements climatiques.
  • Pour freiner la disparition des pollinisateurs, les pratiques agricoles conventionnelles doivent ­radicalement changer au profit de pratiques écologiques, comme la culture sans pesticides de synthèse, la rotation des cultures, la création d’habitats et la préservation des sources d’eau naturelles et non contaminées.

Rôle dans la production alimentaire

  • Les pollinisateurs sont responsables de la pollinisation de plus de 130 cultures de fruits et de légumes à l’échelle planétaire, soit près d’un tiers de tout ce qui compose notre alimentation.
  • Amandes, canneberges, pommes, bleuets, brocoli, chou-fleur, céleri, asperges, avocats, légumineuses : voilà quelques exemples de cultures qui dépendent à 100% de la pollinisation des insectes afin d’être productives.
  • Le déclin des pollinisateurs coïncide avec l’augmentation de la demande agricole, résultant en un accroissement du prix de beaucoup d’aliments.
  • Depuis 2013, l’entreprise sociale Alvéole installe des ruches dans les plus grandes villes nord-américaines, sensibilisant au passage des milliers d’entreprises, d’organisations, d’écoles et de familles quant aux enjeux qui touchent les abeilles, comme l’utilisation de pesticides, les monocultures et la perte de biodiversité.
  • Les abeilles sont assez sécuritaires pour les écoles : Alvéole a mis en oeuvre plus de 100 projets en apiculture dans les écoles canadiennes afin de sensibiliser les jeunes à la production alimentaire et à l’importance de la biodiversité.
  • Plus de 500 entreprises en Amérique du Nord ont installé des ruches sur leur toit ou leur terrain en partenariat avec Alvéole.
  • Près de 96% des clients corporatifs poursuivent l’aventure en apiculture avec Alvéole année après année.
  • Alvéole estime avoir sensibilisé plus de 25 000 personnes à l’environnement et la biodiversité, par l’intermédiaire de ses activités éducatives, depuis sa fondation en 2013.