Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA)

 

Sommaire

 

Qu’est-ce qu’un PIIA?

Un PIIA est une mesure d’évaluation qualitative, faisant partie de la réglementation d’urbanisme, qui vise à encadrer les interventions sur un bâtiment. Il est un complément aux autres règlements, notamment le règlement de zonage et de construction. Ainsi la Ville peut exercer un certain contrôle qualitatif sur les aspects architecturaux lors d’une demande de permis ou de certificat. Les projets sont évalués selon un système de critères et d’objectifs établis selon les secteurs afin de permettre une meilleure intégration à l’environnement bâti existant. Cette mesure permet une approche plus souple comparativement aux règlements normatifs.

Dorénavant, le propriétaire d’un immeuble voulant réaliser un projet doit accompagner sa demande de permis d’une demande d’approbation de règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale. Cette demande devra être présentée au comité consultatif en urbanisme (CCU) et au conseil municipal.  Il faut prévoir de 6 à 8 semaines, suite au dépôt complet de la demande de permis auprès du service d’urbanisme.

INFO : permis@sadb.qc.ca | 514 457-5720

 

Étapes à suivre

  1. Identifier le style architectural de l’immeuble (consultez le guide générique – styles architecturaux) en cas de doute appelez au service d’urbanisme de la ville;
  2. Consultez les dépliants sur les différentes composantes telles les portes et fenêtres, les toitures, les revêtements extérieurs et les perrons;
  3. Privilégiez la conservation et l’entretien des composantes avant le remplacement;
  4. Établir la portée des travaux;
  5. Soumettre votre demande de permis auprès de la Ville.
 

Styles architecturaux

Le style architectural de l’immeuble doit être déterminé afin d’identifier les caractéristiques d’origine associées à l’époque de construction de celui-ci.

Cela permet de :

  •  Cibler les composantes architecturales appropriées pour les différents styles;
  •  Identifier, généralement, la période de référence afin de guider les travaux de réfection.

De plus, certaines résidences font partie de série de bâtiments jumelés ou contigus. Il est alors important de prendre en considération l’unité de l’ensemble avant d’intervenir. Un bâtiment voisin de même type, peut servir d’échantillon témoin et être utile comme référence pour documenter ou confirmer les caractéristiques de la résidence à entretenir, rénover ou restaurer.

>> Pour en connaître davantage sur les styles architecturaux, veuillez consulter notre page Patrimoine.

 

Esprit français (1600-1820)

Esprit français (1600-1820)

L’architecture d’esprit français a prévalu pendant tout le Régime français. Ce style est développé davantage en bordure du fleuve Saint-Laurent et le long des principales rivières de la vallée laurentienne.

Portes et fenêtres:

  • Ouvertures peu nombreuses etsymétrique;
  • Fenêtres à battants à petits carreaux; Volets fonctionnels;
  • Peu ou pas de lucarnes.

Matériaux de revêtement:                

  • Moellons de pierres avec cheminées massives en pierre.

Toitures etcouronnements:           

  • Toit à deux versants droits;
  • Traditionnellement recouvert de bardeaux de cèdre;

Galeries, perrons et vérandas :        

  • Sans galerie ou véranda;
  • Fondation à ras du sol ou portique surélevé
 

Traditionnelle québécoise (1820-1880)

Traditionnelle québécoise (1820-1880)

Au début du XIXe siècle, l’architecture française est confrontée à l’architecture classique anglaise.

Portes et fenêtres:

  • Ouvertures nombreuses
  • Fenêtres à double battant à 6 carreaux
  • Lucarnes à pignon à 4 carreaux

Matériaux de revêtement:

  • Composition symétrique de la façade revêtue de bois, de bardeaux ou de planches.

Toitures etcouronnements:

  • Toit à deux versants à pente moyenne (45 degrés)
  • Couverture de tôle traditionnelle ou de bardeaux de cèdre

Galeries, perrons et vérandas :

  • Larmier retroussé débordant de la façade et couvrant occasionnellement une galerie qui fait toute la façade.
 

Maison à mansarde (1820-1910)

Maison à mansarde (1820-1910)

La maison à mansarde constitue une version populaire et modeste de l’architecture résidentielle de style Second Empire.  La principale caractéristique de ces maisons est le toit mansardé.

Portes et fenêtres:

  • Ouverture rectangulaires ou à arc sur baissé
  • Fenêtres à battants à grands carreaux
  • Lucarnes cintrées ou à pignon dans le brisis

Matériaux de revêtement:

  • Corps de bâtiment rectangulaire avec parement de pierre, de briques ou de planches de bois.

Toitures et couronnements:

  • Toiture mansardée, à deux versants, composée d’un brisis et d’un terrasson
  • Couverture de tôle traditionnelle

Galeries, perron et vérandas:

  • Présence fréquente d’un portique ou d’une galerie protégée d’un auvent indépendant sur une ou plusieurs façades
 

Éclectisme victorien (1880-1920)

Éclectisme victorien (1880-1920)

Ce courant artistique est fondé sur l’exploitation et la conciliation des styles du passé. Il s’agit d’une combinaison de plusieurs styles ou éléments appartenant à des époques et des cultures différentes.

Portes et fenêtres:

  • Pas d’ouvertures typiques
  • Variété de types d’ouvertures sur un même bâtiment
  • Présence de fenêtres en baie

Matériaux derevêtement:

  • Amalgame de plusieurs matériaux et couleurs sur un même immeuble (brique, pierre, bardeaux décoratifs ou polychromes, etc.)

Toitures et couronnements:

  • Toiture irrégulière
  • Présence de pignons ou de tourelles
  • Souvent percées de lucarnes
  • Ornementation variés

Galeries, perron et vérandas:

  • Présence de galeries et de balcons couverts et ornementés qui se prolongent souvent sur plus d’une façade.
 

Influence néoclassique (1820-1900)

Influence néoclassique (1820-1900)

Ce courant, introduit au Québec par les Anglais, vient avec le désir d’une architecture plus respectueuse de l’Antiquité classique.

Portes et fenêtres:

  • Fenêtre à guillotine ou à battants à grands carreaux;

Matériaux de revêtement:

  • Revêtement lisses : pierre de taille, crépi, brique ou planches de bois

Toitures et couronnements:

  • Toiture à deux ou quatre versants (à croupes) de pente moyenne ou faible
  • Retour de la corniche (à consoles ou modillons).

Galeries, perron et vérandas:

  • Entrée principale soulignée par un porche ou un portail à fronton
  • Présence de colonnes
  • Présence de galeries sur le cottage Régence
 

Maison Boomtown (1870-1940)

Maison Boomtown (1870-1940)

Suite à la crise économique de 1870, l’architecture américaine Boomtown  s’est développée. Ces maisons constituent une option de construction à la fois économique et rapide.

Portes et fenêtres:

  • Fenêtres à battants ou à guillotine à grands carreaux
  • Pas de lucarnes

Matériaux de revêtement:

  • Parement en clin de bois ou en brique

Toitures et couronnements: 

  • Toit plat ou à faible pente vers l’arrière
  • Ornementation dans la partie supérieure de la façade (Corniche, parapet, jeux de briques).

Galeries, perron et vérandas:

  • Peu de saillies à l’exception d’une galerie protégée d’un auvent ou d’un balcon à l’étage
 

Maison cubique (1920-1940)

Maison cubique (1920-1940)

Cette maison de plan carré est souvent de deux étages surmontés d’un toit en pavillon de quatre versants. 

Portes et fenêtres:

  • Lucarnes à croupe, à pignon, triangulaire ou en appentis, parfois remplacées par des pignons
  • Fenêtres à battants à grands carreaux, à battants avec imposte ou à guillotine, parfois jumelées
  • Distribution régulière des ouvertures

Matériaux de revêtement:

  • Revêtements extérieurs variés : briques, planches de bois, bardeaux de cèdre, crépi ou autres revêtements légers.

Toitures et couronnements:

  • Toit en pavillon (quatre versants) à faible pente
  • Couverture de tôle traditionnelle

Galeries, perrons et vérandas :

  • Galerie couverte aménagée en façade avant qui se retourne parfois sur les côtés
  • Balcon fréquent à l’étage
 

Le cottage vernaculaire américain (1900-1950)

Le cottage vernaculaire américain (1900-1950)

Ce style apparait à la fin du XIXe siècle, suite à la standardisation des matériaux et l’explosion démographique.

Portes et fenêtres:

  • Portes àpanneaux;
  • Fenêtres à guillotine ou à battants usinées en bois
  • Habituellement pas de lucarnes

Matériaux de revêtement:

  • Revêtements légers : planches de bois, tuiles d’amiante- ciment, crépi.

Toitures et couronnements:

  • Toiture à pente variable;
  • Plus souvent à deux versants à pente moyenne.

Galeries, perrons et vérandas :

  • Galerie couverte d’un auvent indépendant
 

De la modernité (1930-1975)

De la modernité (1930-1975)

Après la deuxième guerre mondiale, l’architecture du mouvement moderne se généralise dans la plupart des pays occidentaux. Le bungalow, aussi issu de la modernité, fait son apparition dans les années 1950 après avoir été popularisé aux États-Unis par l’architecte Frank Llyod Wright quelques décennies auparavant.

Portes et fenêtres:

  • Importance des fenêtres qui sont de formes et de dimensions diverses et d’ouverture en coin
  • Fenêtres panoramique

Matériaux de revêtement:

  • Matériaux de revêtement lisses ou texturés

Toitures et couronnements:

  • Toit plat
  • Toit à faible pente

Galeries, perrons et vérandas :

  • Emmarchement et perron souvent en béton
  • Protection de l’entrée par le débord de toit
 

Portes et fenêtres

Contribuant à la définition du caractère du bâtiment, les ouvertures d’un bâtiment dénotent généralement des techniques et modes de construction d’une époque donnée. Éléments essentiels pour la ventilation et l’éclairage d’une maison, les portes et fenêtres participent aussi à la composition architecturale de l’ensemble.

CARACTÉRISTIQUES SIGNIFICATIVES DES PORTES ET FENÊTRES

  • Types (Guillotine, à battants, etc.);
  • Matériaux;
  • Dimensions (Peut varier selon la hiérarchie);
  • Proportions;
  • Localisation;
  • Vitrage;
  • Éléments décoratifs particuliers (Boiseries, chambranles, volets, etc.);
  • Coloration;
  • Autres éléments construits fenestrés (lucarnes, oriels, véranda fermée).

 

FENÊTRE À BATTANTS

La fenêtre à battants, d’inspiration française, est le plus ancien modèle de fenestration utilisée sur l’île de Montréal. Originellement construite en bois, elle a deux parties, soit les deux battants mobiles ouvrant vers l’intérieur et le cadre fixe. Certaines variations sont possibles, soit à croisillons (quatre, six ou douze carreaux) et à doubles battants avec imposte. Si elles sont d’origine, les fenêtres à battants devraient être en bois.

Modèles de remplacement

 

Styles architecturaux associés : Esprit français, traditionnelle québécoise, maison à mansarde, cottage vernaculaire américain.

 

FENÊTRE À GUILLOTINE

La fenêtre à guillotine, qui provient vraisemblablement de l’Angleterre, remplace, au milieu du 21e siècle, la fenêtre à battants. Généralement construite en bois, elle est constituée de deux châssis dont un fixe et l’autre mobile. Il y a la possibilité de différentes proportions (1/3 -2/3, moitié – moitié, combinaison).

Modèles de remplacement

Styles architecturaux associés: Éclectisme victorien, maison boomtown, maison cubique, cottage vernaculaire américain

 

COMBINAISON DE FENÊTRE FIXE ET OUVRANTE

Répandu dans les constructions du 20e siècle, ce type de fenêtres combinent la fenêtre à guillotine et une fenêtre pleine qui ne s’ouvre pas.

Modèles de remplacement

Styles architecturaux associés : de la modernité, bungalow

 

PORTE SIMPLE

 

PORTE DOUBLE

 

PORTE BALCON

 

TRAVAUX SUR LES PORTES ET FENÊTRES

Il est préférable de maintenir les éléments ainsi que leurs caractéristiques d’origine et d’opter pour l’entretien et la réparation des mécanismes d’obturation existants.

Entretien
L’entretien permet d’assurer le bon fonctionnement de la fenêtre et sa conservation. Le nettoyage consiste au principal travail d’entretien. Cela prolonge la durée de vie des éléments architecturaux et est, à long terme, une approche moins coûteuse.

Réparation
La réparation, permet de remettre en bon état les ouvertures. Dans certains cas, le fait que des fenêtres d’un bâtiment soient endommagées ne présume pas qu’il faille remplacer l’ensemble de la fenestration. La réparation ou le remplacement partiel, à l’identique, d’une quantité réduite de châssis peut s’avérer la solution la plus simple.

Remplacement
Si l’état des portes et fenêtres ne le permet pas, un remplacement partiel ou complet est nécessaire. Dans le cas d’un bâtiment exceptionnel ou dans celui de portes et fenêtres ayant conservées leurs caractéristiques originelles, il est toujours privilégié d’opter pour une réplique. Lorsque l’on remplace des composantes, il est important de conserver les caractéristiques significatives des portes et fenêtres en s’assurant que les éléments se rapprochent autant que possible des éléments d’origine. Quoi qu’il en soit, les modèles de remplacement retenus devraient répondre tant à des critères stylistiques que techniques. Il est nécessaire de s’assurer que les nouvelles portes et fenêtres correspondent au style architectural de l’époque de construction et aux proportions d’origine.

 

 

Toitures et couronnements

Partie supérieure d’un bâtiment, la toiture est également composée de sa surface de finition ou de son matériau de revêtement. Les toits contribuent de manière importante à la volumétrie d’une résidence. C’est un élément caractéristique dominant de la composition qui orne le sommet d’un immeuble. Le couronnement d’une façade, notamment le parapet, la corniche et la fausse mansarde, sont souvent constitués de beaucoup de détails et sont d’une importance capitale pour le cachet d’un bâtiment.

CARACTÉRISTIQUES DES TOITURES

> Types de matériaux les plus courants

  • Bois (bardeaux de cèdre ou planche de pin);
  • Ardoise;
  • Métaux (tôle, cuivre, acier galvanisé ou inox) ;
  • Tuiles d’argiles (brute ou vernissée)
  • Bardeaux d’asphalte

> Assemblages :

  • À la canadienne ;
  • À joint pincé ou debout;
  • À baguette ;

> Coloration

> Composantestechniques(Aérateur,gouttières,descentepluviale,boîteà eau, fils chauffants et clôture àneige)

 

TOIT EN PENTE

À deux versants

 

À Pavillon

 

À mansarde

 

À croupe

 

TOIT PLAT

 

 

CARACTÉRISTIQUES DES COURONNEMENTS

  • Matériaux (bois, métal, brique, etc.) ;
  • Éléments décoratifs (consoles, modillons, etc.) ;
  • Types :

Parapet : Un parapet est un prolongement des murs au-dessus du niveau du toit.

 

Corniches : La corniche couvre la totalité du mur et peut être ornée de consoles plus ou moins ouvragées (Simple ou architravée)

 

Fausse mansarde : La fausse mansarde est un couronnement en plan incliné dont la partie inférieure est en saillie.

 

TRAVAUX SUR LES TOITURES ET COURONNEMENTS

Entretien

Un travail d’entretien permet d’éviter des travaux majeurs et permet de conserver les éléments d’origine des couronnements qui sont parfois difficile à reproduire.

Un entretien régulier consiste en :

  • Nettoyage des gouttières (enlèvement des feuilles)
  • Enlever la neige et de la glace des avant-toits et gouttières
  • Vérifier l’état de la peinture sur les corniches;
  • S’assurer de l’étanchéité du parapet

 

Réparation
Sauf ponctuelle, la réparation d’une toiture doit être confiée à un maître couvreur. Les toitures d’ardoise et les toitures métalliques peuvent se réparer plus facilement.

Une toiture de bardeaux d’asphalte à une vie utile beaucoup plus courte. Remplacement des composantes
Pour le remplacement complet des toitures et corniches, il est préférable d’entretenir et de conserver les éléments caractéristiques. Lors d’un agrandissement de la toiture, la forme devrait correspondre à celle du toit existant. Le matériau retenu pour la couverture d’un agrandissement doit être identique quant au type et à la forme à celui du corps de bâtiment principal.

L’ajout ou l’agrandissement de lucarne doit tenir compte des proportions de la toiture existante. Il est important de porter une attention particulière à l’isolation et le soufflage par rapport à la fenêtre.

 

Éléments en saillie : galeries, perrons, vérandas et escaliers extérieurs

Les galeries, perrons, vérandas et escaliers extérieurs sont des éléments qui structurent la façade d’un bâtiment. La perte de ces caractéristiques diminue la valeur de l’immeuble et modifie le caractère distinctif d’un bâtiment. Souvent agrémentés de main-courante, de garde-corps, de toit et de colonnes, ils représentent des éléments architecturaux et décoratifs importants.

Depuis le 19e siècle, les galeries, perrons et vérandas sont des caractéristiques traditionnelles de l’architecture résidentielle au Québec, particulièrement parce qu’elles tiennent lieu de pare-soleil en hiver.

CARACTÉRISTIQUES SIGNIFICATIVES DES ÉLÉMENTS EN SAILLIE

• Matériaux (Bois, fer forgé, fonte);
• Localisation;
• Toit et sa hiérarchie;
• Plancher;
• Coloration;
• Proportion;
• Éléments décoratifs :

  • Menuiseries (moulures de bois);
  • Garde-corps (de bois ou de fer forgé, ils sont souvent ouvragés);
  • Main-courante;
  • Colonnes;
  • Contremarches;
  • Équerres structurales ou décoratives.

TRAVAUX SUR LES ÉLÉMENTS EN SAILLIE

Entretien

La teinture ou peinture d’extérieure est la meilleure protection contre les intempéries et la pourriture. Un entretien régulier permet d’éviter de gros travaux souvent très coûteux.

 

Réparation

La réparation ponctuelle des galeries, perrons, escaliers et vérandas permet d’éviter le remplacement complet des éléments. Les matériaux, menuiseries et ouvrages d’acier ou de fonte peuvent être réparés.

 

Remplacement

Lors d’un remplacement complet, il est important de respecter les caractéristiques significatives. Le remplacement à l’identique des composantes est privilégié.
La conservation de ces éléments permet de garder une cohérence d’ensemble du bâtiment.

Matériaux de remplacement à éviter

  • Aluminium ;
  • PVC.
 

Revêtement de bois

Le revêtement extérieur constitue le principal élément de l’enveloppe du bâtiment qui protège la charpente contre les intempéries. Il participe à la composition architecturale d’une façade et est un des premiers aspects que l’on remarque.

Le bois est un matériau fréquemment utilisé dans l’architecture traditionnelle au Québec. Considéré comme un revêtement léger, il était disposé sous forme de bardeaux ou de planches.

CARACTÉRISTIQUES SIGNIFICATIVES DU REVÊTEMENT DE BOIS

Avant toutes interventions, il est primordial de faire un relevé des détails.

  • Motif de pose ;
  • Détails des cadres (angles des murs, angles corniers et ouvertures) ;
  • Essence du bois;
  • Types :

Bardeaux de cèdre : Le bardeau est largement utilisé dès le 17e siècle afin de recouvrir les murs et les toitures. Les bardeaux sont généralement de cèdre ou de pin.

Planches verticales :

Juxtaposées : Le plus ancien et le plus simple mode de recouvrement de bois. Ce sont des planches généralement de pin avec des épaisseurs et largeurs variables. Elles sont clouées côte à côte directement sur le mur.

 

Bouvetées : Ces planches sont assemblées via une languette et une rainure.
Avec ou sans moulures.

 

Couvre-joint : Les planches verticales ont toute la même largeur et les joints sont recouverts de baguettes de bois. Avec ou sans moulures.

 

 

Planches horizontales les plus courantes :

À clin : Les planches à clin apparaissent au 19e siècle. Elles sont amincies dans la partie supérieure et se superposent;

À feuillure : Les planches à feuillures sont encavées dans le haut et elles s’imbriquent les unes dans les autres.

 

LES TRAVAUX DE REVÊTEMENT DE BOIS

Il est préférable de maintenir les éléments ainsi que leurs caractéristiques d’origine et d’opter pour l’entretien et la réparation. Dans le cas d’un mauvais état des composantes, un remplacement par des matériaux identiques, si possible, est priorisé afin de conserver le caractère architectural des façades.

Entretien

Un entretien du revêtement extérieur de bois permet de limiter les coûts associés à la rénovation et au remplacement.

Le nettoyage est parfois suffisant pour éliminer les saletés et dépôts sur une surface peinte.

La peinture et la teinture protègent les surfaces de bois contre les intempéries. Lorsqu’une peinture s’écaille, il est important d’intervenir rapidement pour éviter une détérioration majeure. Ce problème peut parfois indiquer la présence d’eau ou d’humidité dans le mur.

 

Réparation

Les éléments endommagés devraient être réparés, dans la mesure du possible, plutôt que remplacés. Les éléments pourris, fendus ou présentant un gauchissement important devraient être enlevés et remplacés.

S’il y a plus de 40% d’une planche qui est endommagée, il vaut mieux la remplacer entièrement. Par contre, si le problème est localisé, il est préférable de découper la section atteinte et de la remplacer par un morceau de même dimension.

Il est évidemment possible de récupérer des bouts de planche existante pour pratiquer ces réparations.

 

Remplacement complet

Conserver les caractéristiques significatives des murs extérieurs en s’assurant que les matériaux et assemblages sont identiques ou se rapprochent autant que possible des éléments existants. Il est privilégié de remplacer le bois par un matériau identique.

Matériaux de remplacement acceptable

  • Planches de bois traitées et peintes de type «Maibec» ou «Goodfellow».
  • Fibres de bois agglomérées de type «CanExel» ;
  • Panneau de fibro-ciment. 

Matériaux de remplacement à éviter

  • Vinyle ;
  • Aluminium.
 

Revêtement de maçonnerie : La pierre, la brique et le stuc

Le revêtement extérieur constitue le principal élément de l’enveloppe du bâtiment qui protège la charpente contre les intempéries. Il participe à la composition architecturale d’une façade et est un des premiers aspects que l’on remarque.

La maçonnerie remplit plusieurs fonctions dans la construction d’un bâtiment. Dans l’architecture traditionnelle, elle a d’abord un rôle d’élément porteur du bâtiment. Elle obtient ensuite un rôle esthétique comme parement extérieur. Le revêtement de maçonnerie se décline en plusieurs appareillages, soit la pierre, la brique et le stuc.

CARACTÉRISTIQUES SIGNIFICATIVES DU REVÊTEMENT DE BRIQUE

La brique est un matériau très répandu à partir du 19e siècle suite à la révolution industrielle. Elle offre la possibilité de nombreux agencements principalement décoratifs

• Type (d’argile ou de mortier);
• Format de brique;
• Coloration;
• Finition (brique vernissé);
• Éléments décoratifs particuliers (linteaux, bandeaux, encorbellements, chainage d’angle);
• Appareillages :

En panneresse : Briques disposées de la même façon, la grande dimension parallèle au mur.

 

Commun : Rang de briques en boutisse à tous les six rangs de briques en panneresse.


En boutisse : Briques disposées de la même façon, la grande dimension perpendiculaire au mur.


Flamand : Alternance, sur un même rang, de briques en panneresse et en boutisse.


Composé : Légèrement différent de l’appareil flamand par la disposition de deux briques en panneresse entre chaque boutisse.


Anglais : Alternance, sur des ranges différents, de briques en panneresse et en boutisse.

 

CARACTÉRISTIQUES SIGNIFICATIVES DU REVÊTEMENT DE PIERRE

La pierre est un matériau utilisé dès le 17e siècle afin d’asseoir les bâtiments de bois. Elle deviendra vite un matériau de construction pour les bâtiments de pierre. C’est au 19e siècle, que la pierre commence à être utilisée comme revêtement extérieur.

• Types (Calcaire, de grès, granites);
• Qualité géologique (provenance, carrière);
• Coloration;
• Formes :

  • Moellon brut : Forme irrégulière, telle qu’extraite de la carrière ;
  • Moellon ébauché : Forme plus ou moins régulière, ébauchée au maillet ;
  • Moellon équarri : Forme régulière, ses arêtes sont taillées avec un ciseau et un maillet.

• Finitions :

  • Pierre bouchardée ;
  • Pierre ciselée ;
  • Pierre piquée ;
  • Lisse ;
  • À bossage.

• Appareillages :

Irrégulier : Les moellons sont de forme et de grosseur irrégulières. Elles sont disposées librement.

 

Assisé : Les pierres, de grosseur variable, sont ébauchées ou équarries et posées d’aplomb sans ordre particulier.

 

À assise régulière : Les pierres sont taillées de longueur variable, mais ont toutes la même hauteur.

 

Réglé : Les Pierres ébauchées ou équarries, dont les éléments d’un même rang ont plus ou moins la même hauteur.

 

Régulier : Pierres de mêmes dimensions en longueur et en hauteur, disposées en assises régulières.

 

À alternance d’assises régulières : Pierres disposée sur des rangs dont la hauteur varie en alternance.

 

CARACTÉRISTIQUES SIGNIFICATIVES DU REVÊTEMENT DE STUC

D’abord utilisé comme moyen d’étanchéisation pour les murs extérieurs de pierre et de brique, les enduits, crépis ou stuc sont devenus un élément de parement. Ils consistent traditionnellement en plusieurs couches de mortier, généralement trois (couche d’accrochage, corps et couche de finition), posées soit sur une maçonnerie ou sur un treillis de métal galvanisé et fixé à son tour sur des fourrures de bois. La coloration est dans la masse de la 3ieme couche dite couche de finition.

Aujourd’hui on trouve également des enduits synthétiques. Certains sont prémontés sur un panneau isolant rigide. Ces panneaux ont donc une épaisseur standard qui n’est pas toujours appropriée dans le cadre de travaux de rénovation et ils sont très fragiles.

  • Type de finis et texture ;
  • Détails particuliers aux ouvertures ou à la rencontre de d’autres matériaux ;
  • Éléments décoratifs ;
  • Coloration.

 

Parmi les travaux d’entretien, le plus fréquent est le rejointoiement :

Le rejointoiement des parties endommagées doit être fait afin d’éviter les infiltrations d’eau.

• Identifier la dimension des joints;
• Choisir le mortier selon le type de maçonnerie et la dureté;
• Identifier la coloration du mortier ;
• Identifier le type de joints :

Concave : Exécution d’un joint plat avec une finition au fer rond;

 

Plat : L’excès de mortier est enlevé avec la truelle place à plat. L’excès de mortier est enlevé avec une truelle posée à plat;

 

En retrait : Exécution d’un joint plat. Raclage après un léger durcissement et ensuite il y a une finition au fer carré;

 

En «V» : Exécution d’un joint plat avec une finition au fer en «V»;

 

En biseau : Exécution d’un joint plat avec une finition à la truelle en biseau;

 

En Surplomb : Exécution d’un joint débordant avec une finition à la truelle à plat;

 

En biseau inversé (Non recommandé): Exécution d’un joint plat avec une finition à la truelle en biseau inversé;

 

Débordant (Non recommandé): L’excès de mortier est laissé tel quel.

 

TRAVAUX DE REVÊTEMENT DE PIERRE ET BRIQUE

Il est préférable de maintenir les éléments ainsi que leurs caractéristiques d’origine et d’opter pour l’entretien et la réparation. Dans le cas d’un mauvais état des composantes, un remplacement par des matériaux identiques, si possible, est priorisé afin de conserver le caractère architectural des façades.

Entretien

  • Identifier le niveau d’encrassement versus l’altération des couleurs sous l’effet du temps.
  • Pour le nettoyage, utiliser la méthode la plus douce.

Les enduits et la peinture ne sont pas recommandés sur la pierre. Ils empêchent la perméabilité à la vapeur des matériaux et contribuent à leur détérioration. Par contre, il est possible de trouver des produits de protection respirant.

 

Réparation

Une réparation est possible pour la pierre ; le remodelage, à l’aide de coulis spécialisé, peut se faire suivant le type de pierre ; une injection d’élément de pierre ; le collage de pierres brisées (dit flipot), à l’aide de gougeons d’inox fileté et de colle époxydique.

Par contre, une brique à l’unité ne se répare pas.

 

Remplacement

Lorsque l’on remplace le revêtement de pierre ou de brique, il est essentiel de conserver les caractéristiques significatives des murs extérieurs en s’assurant que les matériaux, finitions, appareillages et assemblages soient identiques ou qu’ils se rapprochent autant que possible des éléments existants. Ceci permet de respecter l’esthétisme de la façade.

Matériaux de remplacement à éviter

  • Pierre artificielle (si non originel);
  • Pierre ou brique d’imitation en ciment, béton ou calcite ;
  • Matériaux synthétiques (Plastique, fibre de verre, acrylique).

 

TRAVAUX DE REVÊTEMENT DE STUC

Entretien

  • Évaluer le niveau d’encrassement versus la l’altération des couleurs sous l’effet du temps;
  • Utiliser la méthode de nettoyage la plus douce;
  • Faire un échantillonnage préalable.

La coloration étant généralement dans la masse, il n’est pas nécessaire de peinturer un crépi. Cela est tout de même possible. Une peinture à béton est alors appropriée.

 

Réparation

Les enduits sont faciles à réparer :

  • Éliminer toute partie non saine;
  • Dégager toutes les fissures;
  • Former un biseau au pourtour des parties dégagées afin de créer une clef d’adhérence;
  • Reprendre par application d’une ou deux couches de mortier selon le cas.

 

Remplacement ou remise à neuf

Lors du remplacement ou de la remise à neuf, il est important de conserver les caractéristiques significatives du revêtement de stuc d’origine.

  • Procéder idéalement de manière traditionnelle;
  • Prévoir les joints de dilatation à intervalles réguliers (20 pi).

Matériaux de remplacement à éviter

  • Revêtement acrylique posé sur un treillis ou un panneau d’isolant rigide